Cette nouvelle année est l’occasion de dresser un bilan de l’année écoulée. J’égrène ici quelques souvenirs marquants.
- Une très belle soirée avec l’équipe de Poitiers à l’occasion de leur 25ᵉ groupe Profamille et de leurs 15 ans d’animation du programme : une assistance nombreuse et une rencontre enrichissante avec les équipes du cluster Nouvelle-Aquitaine.
- La rencontre organisée autour du thème « Tissons des liens ensemble » lors des Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM) à Sainte-Anne, qui a permis de revoir les équipes du cluster Île-de-France et de PromesseS.
- Le congrès annuel Profamille à Namur, moment fort de l’année, qui a permis de retrouver de très nombreuses équipes du réseau.
Nous avons également vu la publication d’un article dans le numéro spécial de la revue de l’Association Mondiale de Psychiatrie Sociale, à l’occasion de ses 60 ans, présentant les fondements théoriques qui sous-tendent Profamille et la présentation des résultats de Profamille au congrès européen de psychiatrie à Madrid et au congrès français de psychiatrie à Cannes.
En dépit des difficultés persistantes rencontrées par les hôpitaux, et malgré la poursuite de comportements d’ostracisation des familles dans de nombreux services psychiatriques, près de 600 personnes ont participé à Profamille en 2025. C’est évidemment très loin des 10 000 nouvelles familles concernées chaque année en France, mais cela reste un chiffre important : aucun autre programme n’attire autant de familles, et aucun n’a démontré une efficacité comparable : diminution des tentatives de suicide, réduction des hospitalisations, amélioration significative de l’humeur et du vécu des familles.
L’année s’est malheureusement terminée par une triste nouvelle : le décès brutal et inattendu de Mélanie Biotteau Lacoste, qui avait rejoint le réseau Profamille en 2010 et pilotait le cluster Centre-Val de Loire. Psychiatre engagée, Mélanie avait accueilli avec son équipe le congrès Profamille à Tours il y a trois ans. Elle faisait pleinement partie de la famille Profamille, et nous perdons aujourd’hui l’une des nôtres. J’avais pour elle beaucoup d’estime et d’affection. Elle va profondément nous manquer. Toutes mes pensées vont à sa famille, ainsi qu’à son équipe, dont elle était un soutien essentiel.
Quelles perspectives pour 2026 ?
Les données présentées lors du congrès de Namur ont confirmé l’efficacité du programme Profamille, tout en mettant en évidence des axes d’amélioration clairs. C’est dans cette dynamique que 2026 marquera le lancement de la version V3.5, avec comme ambition un saut d’efficacité supplémentaire, en particulier dans l’amélioration de l’humeur des familles.
Face aux vents contraires, notre solidité repose sur notre fidélité à nos valeurs : la défense d’une psychiatrie efficace et humaine, ancrée dans la science et l’évaluation. C’est en restant résolument engagés à les incarner que nous atteindrons nos plus belles réussites.
L’expérience comme les apports de la psychologie contemporaine nous montrent que le sentiment de satisfaction et d’accomplissement découle de l’affrontement intelligent des défis au cœur de nos engagements. À l’inverse, la résignation engendre la morosité. L’action, lorsqu’elle s’accompagne de persévérance et d’intelligence collective, est porteuse d’espoir et ouvre la voie au progrès.
La sortie de la nouvelle version de Profamille fin 2026, fruit de l’expérience accumulée avec les versions V3.3 et V3.4 et d’une analyse fine des évaluations, dans le cadre des thérapies cognitives et comportementales, constitue une réelle opportunité de soulager encore davantage les familles et les personnes concernées. Cette perspective enthousiasmante nous ouvre un horizon d’espoir et de progrès.
Je vous souhaite à toutes et à tous une année 2026 pleine d’énergie, d’engagement et de confiance dans ce que nous construisons ensemble.
Dr Yann Hodé – Président du Réseau Profamille